Il fait nuit lorsque nous arrivons au village, Zaouit Sidi Ahmed. Je ne connais rien de ce village à part son nom c'est pourquoi je suis impatiente de le découvrir. Mais mes yeux ne distinguent que vaguement le paysage. Tant pis je l'apprécierais mieux le lendemain . Cependant l'atmosphère typique des " zaouitiens" m'imprègne déjà: accueil chaleureux pour les anciens comme pour les nouveaux.  On nous montre nos chambres, remplies avec des tapis, deux matelas et quelque petites bestioles. Je réalise enfin que je suis arrivée dans un autre monde, une autre culture, une autre vie.  Lorsque je me suis engagée dans le projet Maroc  j'entendais parler du village mais je ne pouvais que l'imaginais. Toutes mes pensées étaient bien loin de rendre compte de la réalité. Comment concevoir un lieu isolé, éloigné de toute agitation et où la notion du temps n'existe pas? Je ne le pouvais pas mais maintenant je le vis. Ajoutez à cela une énorme dose de gentillesse et de générosité de la part des villageois et je peux vous dire sincèrement  qu'ici c'est le paradis. Le lendemain j'ai enfin pu admirer cet endroit paradisiaque après une nuit d'impatience. Des mots me traversent l'esprit mais ils ne pourraient pas dévoiler l'intensité de mes émotions  à ce moment là. Comme dans un western une rafale de vent emporte la terre et m'oblige à fermer les yeux.
Lorsque je les ouvre personne ne dégaine son arme en face de moi mais les maisons carrés du village s'imposent à ma vue illuminées par le soleil. Je marche un peu sur le chemin de terre, un sourire sur le visage. Je n'entends aucun  son. C'est le calme plat. C'est beau tout simplement. Sur des kilomètres on ne voit que la terre et les cailloux. On ne peut que se sentir serein . Au fur et à mesure des jours je commence à m'habituer aux zaouitiens, toujours prêt à plaisanter et à taquiner les jeunes français. Je m'habitue sans problème à la cuisine marocaine divinement préparée par les femmes. C'est un vrai délice tout comme le thé que l'on boit le matin, à la ferme, l'après midi ...bref tout le temps.  Tellement de choses me plaisent, la douche avec l'eau du puits, la musique du banjo jouée le soir après le diner, la sieste l'après midi, le travail à la ferme. Ce séjour  m'apprend beaucoup que ce soit sur les différentes cultures ou tout simplement  sur les valeurs essentiels  comme la solidarité. Ici on se redécouvre et on apprend à revivre. Camille Hurtado

 

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