A-t-on besoin uniquement de micros, de caméras, de tables rondes, de conférences et de Congrès surmédiatisés pour développer un dialogue de civilisations ? Pas aussi sûr. La province d’Ouarzazate en apporte une preuve tangible. Dans plusieurs localités du sud-est du Royaume, Marocains et étrangers sont déjà engagés dans des chantiers d’échange interculturel. Les passerelles sont des projets de développement socio-économique et culturel : fromagerie, bibliothèque, maison pour enfants abandonnés, jumelages entre écoles, centre de santé. Autant d’initiatives montées de concert par des personnes de différentes religions, de différentes cultures et de différentes langues.

A Tabouraht, Skoura, Tamellalt, Boumaln Dadès, Sidi Flah ou encore à Ouarzazate ville, des projets à caractères culturel, social et humain foisonnent. Avec eux, se développe un échange, mais aussi une synergie entre visions du monde, modes de vivre, façons de faire et cultures d’horizons multiples. Ici, la différence ne dénie pas l’harmonie. Elle fait la pluralité et la richesse. L’Autre n’est plus cet être étrange, inconnu, incompris et à craindre. Il est devenu le partenaire, le voisin, le collègue et l’ami.

Valérie Gensonnet est enseignante à Avignon en France. Elle chapeaute une classe de solidarité avec le douar de Zaouit Sidi Ahmed à Tabouraht. Un projet de développement local initié de concert avec les populations. Au douar, Valérie n’est plus considérée comme étrangère grâce aux valeurs qu’elle partage avec sa deuxième communauté. Ses efforts pour parler amazigh l’ont rapproché encore davantage des femmes du village.

Depuis bientôt cinq ans, Valérie ramène un groupe d’élèves à cette localité pour créer des espaces d’échanges avec leurs camarades marocains à travers des actions dans des travaux concrètes, comme la construction de fromagerie, le forage de puits, la moisson de luzerne ou bien encore dans des activités artistiques. Un véritable dialogue vécu, concret. Sans phraséologie.

"" Malgré des préjugés évidents liés à une vision européenne du Maroc, notre manière de voir a totalement changé. on ne peut que témoigner de la formidable expérience que constitue ce voyage à l’origine de découvertes, de rencontres et d’échanges interculturels", explique Hugo Bartalay, un jeune élève bénéficiaire de ces visites. L’impact est patent.

C’est aussi cet esprit qui a motivé les cadres pédagogiques d’Ouarzazate à réfléchir à tisser des jumelages entre établissements scolaires de la province et ceux de plusieurs régions de France. Des correspondances, des échanges de visites, des cadeaux offerts à chaque cérémonie, les élèves des deux rives grandissent dans le respect de la coexistence et la cohabitation. Du coup, les stéréotypes habituels s’éludent pour permettre aux générations futures de se connaître sans barrières.

Source : MAP

http://www.souss.com/Ouarzazate-cultive-un-dialogue.html
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