Quand j’étais gamine, je voulais devenir archéologue. Puis anthropologue. Je suis pédagogue.

La rime est bonne. Ouf.

J’ai un métier alimentaire et j’ai le privilège de faire ce que j’aime de l’Humanitaire. La vie est ainsi. Et en réfléchissant l’Homme reste au centre de mon activité.

Mon activité principale en dehors de la recherche de fonds, reste de comprendre les rouages anthropo/sociaux des communautés avec lesquelles je travaille.

C’est le point le plus difficile. Pour toute sortes de raisons.

La langue est finalement le point le moins complexe.

La structure sociale, les rapports entre les groupes composants le village, les règles non dites, l’histoire communautaire, les rites, les religions, les clans et j’en passe, constituent un très long écheveau à doucement dérouler. Quand cela est possible.

Merci aux conseils de louis belval ; patrice et Zié plus récemment d’ailleurs.

On ne peut pas arriver et hop, installer un forage, ou je ne sais quoi. Même après de longues palabres rien n’est gagné. Loin de là. C’est souvent la raison principale qui rend les projets long dans le temps.

Les livres, cours, formations sont utiles certes mais là aussi trop loin du réel, du vécue de l’expérimentation.

C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre que les jeunes diplômées en humanitaire n’ont très souvent jamais jamais fait de terrain Tout frais émoulu d’une école.

La confrontation avec le réel rend humble et fait comprendre le décalage immense qu’il peut y avoir entre ce que NOUS projetons de faire  et l’appréciation/compréhension localement.

Un gouffre.

Avec le recul, je me rend compte non pas de mon arrogance, mais de mon ignorance.

Déjà parce que :

  • Il faut du temps.
  • Être sur terrain.
  • Ecouter.

     

Mais aussi parce qu’il est difficile d’accepter d’être sur le mauvais chemin, de refaire d’autre proposition, d’accepter que notre programme soit modifier par les gens, voir pas accepter du tout. Même si on pense bien faire.

Nous avons donc un dossier …. Modulable. Pas très académique  pour les gros bailleurs.

On modifie, on enlève, on rajoute en gardant le cap : le baromètre est  le développement.

Avec le recul, je n’ai pas à rougir de mon activité.

Je crois que j’en suis même fière.

Parce que finalement, nous avons pu faire bénéficier des populations de l’indispensable et créer de l’espoir d’aller encore plus de l’avant en autonomie.

Et vous, votre expérience ?

Dites-moi tout.

C’est entre vous et moi.

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